#5AnsDéjà

Aujourd’hui est un bel anniversaire puisque je fête mes 5 ans d’installation 🙂 Déjà ! (7 ans au cabinet si on compte les 2 années de rempla régulier qui ont précédées l’association)

Pourtant, mon installation en libéral n’était pas franchement au programme et fût un peu le hasard d’une belle rencontre avec mon associée et aussi avec mes patients (j’en parle ici) !

Mais aujourd’hui je peux faire un bilan de ces 5 ans et dire haut et fort que je ne regrette rien et que si c’était à refaire je le referai sans hésiter.

C’est vrai que nos conditions de travail ne vont pas franchement en s’améliorant, qu’on a de plus en plus d’administratif à gérer, toujours plus de demandes de la part des patients… Et ce toujours pour 23€ (mais ça c’est un autre sujet !). Le dialogue avec les spécialistes est de plus en plus compliqué, les délais pour avoir un rendez-vous sont de plus en plus longs et la possibilité d’avoir recours à une hospitalisation est devenue quasi impossible. Bref, c’est pas la joie !! Malgré tout, il ne faut pas faire de généralités, l’avantage de l’installation c’est de se créer son réseau de correspondants et donc de pouvoir se simplifier un peu la vie quand on a des problèmes diagnostiques ou thérapeutiques avec les patients. Et heureusement parfois (souvent) ça se passe bien.

A côté de ça, en 5 ans, j’ai pu créer ma patientèle, celle qui me ressemble… Je croyais que c’était un mythe mais c’est vrai, on a les patients qui nous ressemblent ! En 5 ans, j’ai développé ce que j’aime c’est à dire la pédiatrie, aujourd’hui je vois majoritairement des enfants et leurs parents, parfois leurs grands parents. Souvent on me demande dans mon entourage pourquoi je n’ai pas fait pédiatrie, et si je ne regrette pas finalement d’avoir fait médecine générale… J’ai été tenté au début de dire que oui j’aurai dû faire pédiatrie. Et puis l’année dernière j’ai eu une vacation de pédiatrie dans un centre de santé et bizarrement je n’ai pas aimé… Je n’ai pas aimé parce qu’en fait, certes j’adore voire des enfants, mais ce que j’aime avant tout c’est suivre une famille. Et j’aime aussi la médecine adulte en fait. (Bon j’avoue je n’aime pas trop la gériatrie mais c’est parque je suis nulle !) Donc pas de regrets, aujourd’hui c’est une évidence, je suis faite pour la médecine générale !

Petit à petit j’ai pu aussi m’affirmer et apprendre à dire non pour ainsi virer les exigeants intransigeants, les consommateurs de médecine comme de macdo ou ceux qui ne respectaient pas ma façon de travailler..  Du coup aujourd’hui je peux le dire, 90% de mes patients sont gentils, respectueux et surtout reconnaissants.

L’autre élément indispensable pour être heureux dans son installation, c’est de bien choisir son associé(e) ! Moi je ne l’ai pas choisie, c’est un peu le hasard d’une annonce sur internet qui nous a fait nous rencontrer. Mais quelle chance, je crois que mon associée est mon âme soeur professionnelle 🙂 Et ça fait tout ! C’est même indispensable dans notre mode de fonctionnement quand on est amené à partager les patients… C’est assez rigolo d’ailleurs, certains patients essayent parfois d’exploiter cette faille mais on bosse tellement pareil que c’est toujours un échec ! Elle supporte mon côté un peu rigide, stressée qui a besoin de tout contrôler et qui ne sait pas lâcher prise ; en échange je supporte son côté un peu bordélique et ses quelques failles niveau mémoire… Depuis 7 ans, nous échangeons nos transmissions sur les patients ainsi que quelques anecdotes ou coup de gueules dans des cahiers de transmissions.. J’ai pu retrouver ma toute 1ère transmission et j’ai bien ri en voyant que déjà mon 1er jour je réalisais que mon associée était légèrement tête en l’air (je lui signalait que les bandelettes urinaires étaient périmées !!).

Et enfin, dernier élément pour être heureux = éviter le burn out ! Normalement il découle des 2 premiers, mais visiblement dans mon cas pas forcément ! Malgré tout le fait d’avoir une associée en or et des patients super, cela m’a permis de tenir l’année dernière ! J’avais même décidé de m’arrêter à un moment, il me fallait juste le temps de m’organiser pour me faire remplacer… Et puis à la fin de la journée je m’étais dit, « mais en fait je suis bien ici, j’aime mes patients et mon travail » et du coup j’ai laissé tomber l’arrêt ! J’ai ensuite compris avec mon psy ce qu’il s’était passé. Lors de notre 1er rendez-vous il m’a expliqué que j’étais perfectionniste… Que ça faisait probablement de moi un bon médecin généraliste (c’est lui qui le dit, moi je ne peux pas juger) mais que c’était incompatible justement avec ce travail de MG ! Ah bah me voilà bien avancée !!!! J’ai ensuite beaucoup réfléchis à ce qu’il m’avait dit et j’ai compris. J’ai effectivement besoin de tout contrôler, besoin d’avoir le temps de rappeler mes patients quand je suis inquiète, d’échanger avec les spécialistes, d’appeler pour récupérer des résultats d’examens, d’appeler pour négocier des rdv en urgence… Mais tout ça, ça prend du temps. Ce temps je ne l’avais pas quand j’étais à mi temps au cabinet et à mi temps « ailleurs » (parce que oui pendant 4 ans j’étais un peu à plusieurs endroits..) du coup j’avais l’impression de tout faire mal et de ne rien gérer…

Aujourd’hui je suis consciente de mes limites, je suis donc une feignasse à mi temps mais au moins je fais mon boulot comme je veux et j’ai le temps de le faire du mieux que je peux !

Alors voilà, pour fêter ces 5 belles années DrAssociée et moi on va aller dépenser les sous de notre compte commun dans un bon resto, parce que oui pour nous c’est une vrai fête !!! Vivement nos 10 ans 🙂

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La 1ère consultation

Suite au billet de @docteurmillie ici , voici ma contribution pour le concours de l’été.

Moi ce que je préfère dans mes consults c’est la 1ère consultation du nourrisson, celle des 15 jours ; cette consultation si particulière où on fait connaissance avec ce nouveau né que l’on verra ensuite grandir.

En général, je connais les parents. Je les ai connu parfois bien avant qu’ils soient ensembles… J’ai connu leurs peines, leurs joies,parfois leur rencontre… Souvent j’ai prescrit le bilan MST et la prescription de contraception pour madame après quelques mois de relation. J’ai suivi leurs doutes, leurs projets, leurs voyages… Et puis un jour le projet de grossesse.

Ensuite je les ai vu lors de cette 1ère consultation de grossesse (celle là aussi je l’aime bien). Parfois madame toute seule, parfois en couple. Une grossesse parfois désirée, inespérée, imprévue… mais finalement toujours la bienvenue. Je les ai accompagnés pendant cette grossesse que celle ci soit paisible ou parfois plus compliquée.

Et puis voilà, ça y est le bébé est né et voilà qu’ils viennent me le présenter lors de cette 1ère consultation. J’aime cette consultation parceque j’aime ce qu’il s’y passe. J’aime observer la complicité des parents, la tendresse qu’ils ont envers leur nouveau-né, les signes de fatigue, les signes de joie… J’aime observer leur maladresse quand il faut déshabiller le bébé (surtout pour les primi !). J’aime quand ils me regardent l’air inquiet de savoir si tout va bien et si l’examen est normal. J’aime me faire pisser dessus lors de la pesée (oui ça c’est un grand classique mais c’est pas grave !). J’aime quand les parents sont émerveillés quand j’annonce que le petit a grandi de 1 ou 2 cm !

Et par dessus tout j’aime cette confiance que m’accordent mes patients. Parcequ’on à beau dire que « oui on fait aussi les enfants », à Paris, le culte du pédiâtre est encore bien ancré, et je suis toujours très touchée de la confiance que me témoigne mes patients en me donnant la possibilité de devenir LE médecin de famille 🙂

#JeKiffeMonJob