#LAnnéeSeraBelleBis

Il y a 1 an j’écrivais ça. Je sortais d’une année difficile, je sortais enfin la tête de l’eau et j’avais envie d’y croire. Envie de croire que la roue pouvait tourner, enfin, du bon côté… En vrai j’avais envie d’y croire, mais un peu comme chaque année finalement, tout en me disant au fond de moi « à quoi bon, rien ne changera ».

Et puis….

L’année a été plus que belle, bien plus belle que je n’aurai pu l’espérer.

Une année bien gérée côté boulot, je ne me suis imposé aucun stress inutile, j’ai appris à dire non et surtout à ne plus culpabiliser. A faire passer mes impératifs avant ceux de mes patients… Parce que oui je suis au service de leur santé mais pas de leur emploi du temps !

Une année riche en sport (oui oui !), avec la découverte de la zumba et surtout des runs hebdomadaires partagés avec la #TeamVinVin qui a bien voulu m’accepter avec elle (même si en vrai je sais que je les ralentis quand je vais courir avec eux…).

Une année riche en amitié, avec encore de belles rencontres, des apéros à gogo et plein de WE moitié sportifs, moitié festifs mais toujours 100% joie et bonne humeur.

Et surtout la rencontre avec #LAmoureux… Toutes ces étapes qu’on a franchit pas à pas tous les 2, même si ça n’a pas été tous les jours facile on y est arrivé. Et maintenant on a plus qu’à vivre heureux longtemps…. Très longtemps… ❤

Pour l’instant reste à profiter des vacances, parce que cette année je suis décalée et qu’il me reste encore 15 jours ! Mais vu comment s’est passée cette 1ère semaine et le programme des 2 prochaines semaines, je ne me fais aucun soucis pour l’année prochaine, je suis sûre que tout ira bien et que l’année sera belle 😉

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#Souvenirs

Parfois, ça fait du bien de faire un bilan et de voir qu’on va mieux, mais regarder en arrière c’est aussi douloureux.

Il y a un an, jour pour jour, je voyais cette amie qui m’est si chère pour son anniversaire, tout comme aujourd’hui… Il y a 1 an, j’avais pleuré non stop pendant tout le déjeuner, et j’avais un peu gâché ce moment qui était le sien. J’étais terriblement angoissée, triste, au fond du trou. Je ne voyais pas d’issue, et j’étais terrorisée. Terrorisée car je ne savais plus comment faire pour aller mieux, ça faisait des semaines que j’essayais mais je n’y arrivais pas. Je n’y arrivais plus 😥  J’étais tellement envahie d’idées noires que je ne dormais plus, me rendre au boulot et écouter mes patients devenait un calvaire et source d’angoisses et surtout je me sentais condamnée dans mon mal-être et mon malheur… Et pour couronner le tout j’étais terrorisée à l’idée de me jeter par la fenêtre dans un geste impulsif alors que je n’en avais pas du tout mais alors pas du tout envie ! Ce week-end là j’avais un espèce de pressentiment que ça n’allait pas aller, et au fond de moi, je n’avais qu’une envie, rentrer chez mes parents et qu’on prenne soin de moi…

Après 2 heures à pleurer elle m’a convaincue d’appeler ma soeur pour ne pas rester seule… Ma soeur a débarqué chez moi, elle était un peu au courant que ça n’allait pas depuis quelques temps mais n’avait pas vraiment mesurer l’ampleur du truc. On a parlé, ça m’a fait du bien. Elle a flippé, a commencé à me parler d’hospitalisation mais je voulais pas… Elle a voulu me convaincre d’appeler nos parents mais c’était au dessus de mes forces… Ils n’étaient au courant de rien, pour eux tout allait bien.. Qu’allaient-ils penser ? J’allais forcément les décevoir. Et puis bon les relations avec mes parents sont, comment dire, pas forcément sur l’épanchement des sentiments alors…

Finalement elle a du partir, et quelques minutes plus tard voyant que je n’allait pas y arriver, j’ai fini par appeler mes parents en larmes en leur demandant de venir me chercher… Voilà voilà… Je me souviens encore de la réponse de ma mère au téléphone « Mais qu’est ce qui se passe ma chérie, tu as passé une mauvaise journée ? »…

Je suis donc rentrée 15 jours chez mes parents, à me faire chouchouter… j’avais tellement honte… mais ils ont été super. Franchement je pensais pas… J’aurai du leur faire confiance. Ils ne sont pas parfaits, mais à ce moment là ils ont fait exactement ce dont j’avais besoin, à leur manière mais peu importe. D’ailleurs, rien que pour ce que ça  a permis d’apaiser dans mes relations avec eux, je suis bien contente d’en être arriver là !! (oui voyons les choses du bon coté)

Et aujourd’hui, 1 an plus tard, je vois cette même amie pour son anniversaire, et je ne peux m’empêcher de repenser à l’année dernière les larmes aux yeux tellement j’aimerai oublier cette période. Je vois le chemin parcouru… Et pfiou… J’aurai jamais cru si on me l’avait dit que « ça pouvait aller mieux » ni même que juste « ça pouvait aller »… Et encore moins que je pouvais être si heureuse…

Ah oui et j’en profite pour dire merci à ceux qui étaient présents à ce moment là, il y a un an, et qui m’ont soutenus comme ils pouvaient… Et à ceux qui ont partagés cette année et qui ont contribué à la rendre meilleure et à faire que j’en suis là aujourd’hui ❤ (oui ça dégouline d’amour et de bons sentiments !!!)

#Vendredi13

Déjà 2 semaines se sont écoulées et pourtant j’ai l’impression que c’était hier… Cette journée je ne l’oublierai jamais je crois, je pense qu’il y aura un avant et un après…

Ce vendredi là, c’était un vendredi comme les autres. On avait prévu d’aller faire un apéro twitrunners après le boulot parceque le sport c’est bien, mais l’apéro c’est encore mieux !  On avait choisi un endroit sympa : l’Incognito, 71 rue de Charonne. A vrai dire la veille j’étais passée devant La Belle Equipe que je connais bien et j’avais encore vu leur pancarte « les heures heureuses » avec le mojito à 5€ et je m’étais dit qu’il fallait quand même qu’on le teste un jour… Bref 😥

Retour donc sur ce vendredi 13, le planning est donc chargé, j’ai repris plus tôt pour finir tôt, histoire de profiter un peu de la soirée… Les consultations s’enchainent plutôt bien et puis je reçois un 1er message « j’ai de la fièvre, je tiens à peine debout, je rentre chez moi, désolée »… Et puis finalement, je ne sais pas bien pourquoi, la soirée est annulée. Tout le monde est fatigué et puis après tout on a déjà un autre apéro la semaine suivante alors… On remet ça comme on dit !

Je finis ma journée, je finis pas si tard finalement, je me dis que c’est dommage, ça m’aurait fait du bien d’aller boire un verre ! Mais bon je pars le lendemain pour le week-end, week-end que j’ai organisé depuis 3 mois et que j’attends depuis si longtemps, alors je vais en profiter pour me coucher tôt et être en forme !

La soirée se passe, je traine comme souvent sur twitter… Et là tout bascule. Je vois un 1er message concernant le Petit Cambodge, le message est flou, on se demande où c’est… Il y aurait eu une fusillade. Je connais bien ce restau, je n’y suis jamais allée mais quand j’étais interne notre QG c’était la pizzéria en face, Maria Luisa, et souvent en attendant qu’une table se libère on allait boire l’apéro au Petit Carillon…

Et puis les réseaux sociaux c’est bien mais les infos fusent, ça part dans tous les sens… et je finis par comprendre qu’il s’agit en fait d’un attentat, qu’il y a également eu une fusillade rue de Charonne (mais je ne sais pas encore où) et au bataclan…

Bref c’est un cauchemar, on parle de nombreux morts et de nombreux blessés. J’allume la télé, les images sont terribles…. Je regarde en boucle, encore, encore… Les larmes coulent toutes seules… Puis je finis par comprendre, la Belle équipe, 92 rue de Charonne… en face de l’Incognito, j’aurai pu y être… j’aurai du y être…

En fait quand on y réfléchit l’est parisien, c’est un peu un lieu de sorties de notre jeunesse, et on se sent tous concernés, on est tous allés un jour ou l’autre rue de Charonne ou rue Bichat ou au Bataclan… Et le constat est terrible, même si on n’a pas un proche de touché, on a tous quelqu’un malgré tout de notre entourage éloigné qui était présent ou qui est décédé. Et ça c’est dur..

Cette illustration de Robabée est tellement parlante pour moi: « C’était ni toi ni moi, mais c’était nous quand même »

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Le lendemain, je me suis réveillée les yeux brulants d’avoir trop pleuré, épuisée de n’avoir pas assez dormi… et les larmes ont encore coulé toutes seules… Inconsolable 😥 Et pour la 1ère fois en 7 ans, j’ai annulé ma consult. D’une part je suis terrorisée à l’idée de sortir de chez moi (et la police nous invite à rester chez nous) et d’autre part je n’ai pas la force de remplir mon rôle de soignant, d’être forte, d’être celle qui rassure..

Je suis choquée, tellement choquée, et tellement triste…

Les 2 semaines qui vont suivre resteront à cette image, je reste choquée et profondément triste… Mais je dois remplir mon rôle de soignante… Accueillir tant bien que mal les patients qui ont pu être présents lors de ces attentats, ceux qui ont perdu un proche ou un proche de proche, ceux qui simplement sont choqués et tristes. Les consultations sont longues et éprouvantes. J’ai lu différents articles sur la prise en charge des psychotrauma. J’écoute, j’oriente, je rassure… J’espère avoir été à la hauteur de ce qu’on attendait de moi…

Aujourd’hui je pense à eux, à tous ces beaux visages de jeunes gens qui n’avaient rien demandé, qui voulaient juste fêter la vie. Certains ont maintenant un nom pour moi, parce que j’ai entendu leur proche prononcer leur nom et pleurer leur absence…

Je pense aussi à ceux qui sont décédés au Liban, au Mali, en Tunisie…

Je pense à eux, et je voudrai que jamais on ne les oublie…

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#LAnnéeSeraBelle

D’habitude l’heure des bilans c’est le 31 décembre. Et bien moi j’ai décidé d’en faire un en cette veille de « rentrée scolaire ». Et pourtant ceux qui me connaissent savent à quel point je hais les bilans, mais aujourd’hui j’ai envie !

Pour bien comprendre, retour en image sur les vacances de l’été dernier : 15 jours de l’autre côté dans la peau de la malade, à faire chauffer ma carte vitale plutôt que ma CB et à pleurer sur mon canapé… #LePied

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La rentrée 2014 s’est donc faite dans les pleurs et l’épuisement de n’avoir pas eu de vacances, et l’année qui a suivie a été……… à l’image de ces vacances : POURRIE !!! Une année de merde, on peut le dire ! Un burn out qui m’a mise bien au fond du trou…

Bon l’avantage quand on est tout au fond, c’est qu’on n’a plus le choix, il faut remonter ! Et pour remonter il faut plusieurs choses : 1/ accepter qu’on a besoin d’aide  2/ savoir demander de l’aide et 3/ savoir accepter cette aide même si on a honte. Mais le problème quand on est médecin en libéral et qu’on est au fond du trou c’est qu’on ne peut pas s’arrêter. Et qu’il faut continuer de garder la tête haute et de s’occuper des autres, le tout avec patience, sourire et empathie… Heureusement que j’ai pu compter sur ma merveilleuse associée et sur ma remplaçante (je sais que vous me lisez <3) . Elles ont été d’un soutien si précieux quand il a fallu essayer tant bien que mal d’alléger mon planning en plein hiver pour que je puisse tenir le temps d’aller mieux… J’ai aussi eu la chance de pouvoir compter sur ma famille et sur mes ami(e)s et c’est dans ces moments là qu’on se rend compte de la chance qu’on a d’être si bien entouré.

Bref, j’ai fini par la remonter cette putain de pente, petit à petit, jour après jour.

Et puis est venu le temps des vacances… Ces vacances qu’on m’avait volées l’année dernière et que j’attendais tellement depuis 1 an. La trêve estivale de 3 semaines !

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Et bien elles étaient juste parfaites : apéros, bonne bouffe, famille, amis, balades, vélo, plage, baignades, lecture… Et même ma 1ère course (pour ceux qui l’ont loupé c’est ) ! Et surtout, j’ai réussi à lâcher prise et à couper complètement du boulot. C’est la 1ère fois en 5 ans d’installation que je ne pense pas à mes patients et que je ne check pas le planning ni mes mails pros. Oui je sais, c’est une évidence pour la plupart d’entres-vous mais pour moi c’est énorme comme lâcher prise, et ça veut dire beaucoup…

Bref, je suis regonflée à bloc pour cette rentrée. Et je n’espère qu’une seule chose : que cette nouvelle année soit à l’image de mes vacances 🙂

Et même que j’ai envie d’y croire ! #L’AnnéeSeraBelle